Vers
le Sud
Réalisation
: Laurent CANTET
Année : 2006
Durée: 115 min
Version originale française
Avec : Charlotte Rampling, Karen Young, Louise Portal, Ménothy
César
Début
des années 80. Haïti vit sous la dictature de Baby
Doc. Malgré tout, le pays reste une destination touristique
très prisée. L'hôtel "La Petite Anse",
installé sur une plage de la banlieue de Port-au-Prince,
est un véritable éden tropical autour duquel gravite
une bande de jeunes garçons qui échangent leurs
charmes et leur tendresse contre quelques faveurs, un bon repas,
parfois quelques dollars. Deux clientes américaines d'une
cinquantaine d'années, en mal de tendresse et de sexe,
voient leur vie bouleversée par la véritable passion
amoureuse qu'elles éprouvent l'une et l'autre pour Legba,
dix-huit ans tout au plus et beau comme un dieu...
«
Le film obéit à cette partition. A droite, l'hôtel,
son élitisme et ses après-midi de farniente, à
gauche le marché grouillant, la foule asséchée,
les chasses à l'homme et les accrochages. Les femmes jouent
aux prédatrices, les adolescents pauvres se plient, par
jeu, à leurs désirs. Laurent Cantet ne juge pas
ses héroïnes, il vient à leur chevet, les pousse
à se raconter. La parole est maladroite, le procédé
un peu scolaire […], mais le désir d’accompagner
et d'entendre ces appels à l'aide noie tout manichéisme.
» (Danielle Chou, filmdeculte.com)
« Auteur de deux films remarqués, centrés
sur les violences sociales (le travail dans le très beau
Ressources Humaines et le chômage dans L’Emploi du
temps), Laurent Cantet reste un cinéaste discret. L’injustice
sociale est son thème de prédilection. Il pointe
ici du doigt le tourisme sexuel, dérive extrême de
la société de consommation. […] Cantet explore
les rouages de cette domination en surlignant les zones érogènes
du corps noir [de Legba]. La mise en scène se fait intelligemment
discrète, si bien qu'on rentre sans obstacle dans la complexité
et qu’on découvre progressivement que celui qui domine
n’est pas forcément celui qu’on croit. […]
Cantet nous plonge ainsi dans une spirale troublante et parsemée
de désirs violents, de sexe et d'illogismes gratuits. Ni
les personnages ni nous n'en sortons indemnes. » (Samir
Ardjoum, Africultures)
